Francophonie : une opportunité pour l’Arménie

La nouvelle est tombée ce vendredi matin ; Nikol Pashinyan, premier ministre arménien, se rendra prochainement pour la première fois depuis le début de son mandat (8 mai 2018) en France, à Paris.

A sa demande, il rencontrera le vendredi 14 Septembre la communauté arménienne de la capitale ; l’occasion pour lui de rencontrer les représentants des principales associations arméniennes de France et les représentants de la communauté. Cette rencontre intervient un mois après la rencontre entre Anna Hakobyan, l’épouse du chef d’état arménien, et la communauté arménienne de Paris ; nul doute que la Première Dame a apprécié les échanges avec les représentants (le 9 aout, rencontre organisée par le CCAF, le 10 à la Maison de la Culture Arménienne de Paris avec la F.R.A. et ses associations soeurs) et encouragé son mari à faire un état des lieux de la Diaspora en France.

Cependant, cette rencontre n’est pas le motif de la venue du leader de la « révolution de velours » : au programme, réunions de travail concernant l’organisation et la tenue du XVII sommet de la Francophonie à Erevan, les 11 et 12 octobre prochains. En effet, en janvier dernier, les organisateurs des sommets de la Francophonie annonçaient la tenue de sa dix-septième édition dans la capitale arménienne. Ce choix peut, au premier abord, paraitre surprenant, l’Arménie n’étant pas en pays francophone à proprement parler. L’Arménie est pourtant l’un des 58 membres de l’Organisation Internationale de la Francophonie, au même titre que la Suisse, le Canada ou encore le Togo et le Liban. La visite de Nikol Pashinyan à Paris lui permettra également de rencontrer le Président de la République Française, Emmanuel Macron.

L’objectif de ces sommets consiste en la mise en place de stratégies visant à assurer le rayonnement mondial de la Francophonie. Cette année, les débats seront portés autour du thème « Vivre ensemble dans la solidarité, le partage des valeurs humanistes et le respect de la diversité : source de paix et de prospérité pour l’espace francophone ». A noter que selon le dernier rapport de l’Observatoire de la Langue Française en 2014, 274 millions de personnes parlaient le français (soit plus de 3,8% de la population mondiale).

Ce sommet sera également l’occasion de renforcer les liens entre la France et l’Arménie. Les évènements récents en Arménie, à savoir le renversement de Serge Sarkissian par le peuple, vont dans ce sens; en quête de toujours plus de démocratie, l’Arménie a là, encore une fois, l’occasion de montrer au monde entier qu’elle n’est pas seulement un moyen de pression diplomatique sur la Turquie (ndlr: Israel qui a « menacé » Erdogan de reconnaître le Génocide des arméniens).

L’Arménie, ce pays de près de trois millions d’habitants, sera les 11-12 octobre sous les feux des projecteurs : une soixantaine de délégations des pays du monde entier se rendra à Erevan, la presse francophone et mondiale couvrira l’évènement. Les retombées de l’organisation de ce Sommet de la Francophonie pourraient être énormes ; visibilité, renforcement des liens politiques et de la diplomatie arménienne, cet évènement ne pourra être que bénéfique pour son pays hôte. Et il y a fort à parier que tous les participants tomberont sous le charme de notre Arménie.

Sacha Vaytet-Cazarian