Hamaskaine rend hommage à Anahide Ter Minassian

Ce mardi 28 mai 2019, à l’occasion du 101ème anniversaire de l’indépendance de la première République d’Arménie, l’école Hamaskaine de Marseille a rendu un vibrant hommage à Anahide Ter Minassian. 

L’historienne la plus célèbre de la communauté arménienne est décédée le 11 février dernier. 

La soirée a débuté par un témoignage poignant de la directrice de l’école Hamaskaine Seta Biberian, amie intime d’Anahide. 

« Parce qu’Hamaskaine est une école nous froisserons un tout petit peu la modestie d’Anahide par cette soirée non pas d’hommage mais d’évocation.»

Historienne de référence de la première République d’Arménie, le choix de cette date était tout à fait symbolique. La soirée a été rythmée par les prises de paroles de plusieurs intervenants venus des quatre coins de la France spécialement pour l’occasion.

Le premier témoignage fut celui de Kegham Kevonian, le petit frere d’Anahide, historien chercheur et co-fondateur de l’organisation Terre et Culture. Avec beaucoup d’émotion, il a parlé de la personne qu’était Anahide, une fille d’immigrés, de ses origines, de sa famille et de sa jeunesse dans la colonie de la Croix Bleue des Arméniens de France et au Nor Seround. 

Sahag Soukiassian, enseignant et historien lui aussi, a insisté sur l’importance que portait Anahide à l’école Hamaskaine, dont elle fut l’un des membres fondateurs. Il l’a, à juste titre, qualifiée de « figure hors norme », « curieuse, rigoureuse, talentueuse, aventurière avec un très fort caractère » évoquant ses écrits durant sa jeunesse dans notre journal mais également dans Haratch aux côtés d’Arpig Missakian (la fille de Chavarche Missakian) puis dans France Arménie.

Henri Papazian (ancien membre du Bureau Mondial de la FRA Tachnagtsoutioun, fondateur et administrateur de la radio Ayp FM) a pris la parole après la diffusion d’un extrait de l’émission Cartes sur Table du 03 juin 2017 sur la première République d’Armenie et sur Aram Manoukian, évoquant la vie de militante d’Anahide et son souhait de vouloir éduquer notre jeunesse. « Anahide est toujours restée fidèle à la famille tachnagtsagan et s’est toujours rendue disponible et volontaire lorsqu’il s’agissait d’aider la communauté arménienne. Elle portait une attention tout particulière à l’éducation des nouvelles générations».

Houri Varjabédian (responsable des éditions « Paranthèse », traductrice de renom) a évoqué la passion d’Anahide pour la traduction et l’écriture, et notamment leur projet commun de rédaction d’un livre, « Nos terres d’enfance », un recueil de textes de dizaines d’intellectuels arméniens.

La soirée a également été marquée par la présence des lycéens d’Hamaskaine qui ont magnifiquement lu trois textes en langues arménienne et française. Le premier, « Mon souvenir d’enfance » d’Anahide qui raconte ses premiers « Mayis 28 » (fêtes de l’indépendance de la première République d’Arménie)  alors qu’elle était enfant : ce texte est paru dans un dossier de France Arménie à l’occasion du 100eme anniversaire de la première république (mai 2018). Le second, « l’échiquier arménien entre guerre et révolution », l’un des rares textes dans lesquels Anahide parle d’elle même et évoque son enfance. Et enfin, un extrait de la traduction de « Semer ».

Par cette belle soirée, parfaitement organisée, l’école Hamaskaine a rendu un vibrant hommage à cette grande dame, qui fût l’un des piliers de notre communauté.

Sacha Vaytet-Cazarian